Usufruit : définition et avantages pour sécuriser une succession
Définition de l’usufruit
Vous avez déjà entendu ce mot dans le cadre d’un projet immobilier, d’une succession ou lors d’un rendez-vous chez le notaire ? Et pourtant, avouons-le, la définition de l’usufruit n’est pas toujours intuitive. Alors on pose les bases, simplement.
🔍 Étymologie et sens juridique
Commençons par l’origine. Le mot usufruit vient du latin usus (le droit d’utiliser) et fructus (le droit de percevoir les fruits). En clair : le droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus, sans en être propriétaire.
📖 Article 578 du Code civil français :
« L’usufruit est le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à la charge d’en conserver la substance. »
Ce droit fait partie d’un mécanisme central en droit civil : le démembrement de propriété. Celui-ci sépare les trois attributs du droit de propriété :
- L’usus : le droit d’utiliser le bien (habiter une maison, par exemple)
- Le fructus : le droit de percevoir les revenus (loyers, intérêts…)
- L’abusus : le droit de disposer du bien (le vendre, le donner, le détruire)
Dans le cas d’un démembrement du droit, l’usufruitier détient l’usus et le fructus, alors que le nu-propriétairegarde l’abusus. Ensemble, ils se partagent ce qu’on appelle la pleine propriété.
⚖️ Usufruit : un droit réel encadré par la loi
En droit français (comme en droit québécois, via l’article 1119 du Code civil du Québec), l’usufruit est ce qu’on appelle un droit réel. Cela signifie que ce droit porte directement sur une chose, qu’elle soit mobilier ou immobilier(une maison, une voiture, un portefeuille de titres…).
Contrairement à un droit personnel (comme un contrat de location), un droit réel est opposable à tous. En clair : même si le bien change de propriétaire, l’usufruit continue.
🔍 L’usufruit peut être temporaire ou viager :
- Usufruit temporaire : limité dans le temps, souvent utilisé dans un cadre fiscal ou patrimonial (ex. : usufruit locatif social, solutions pour investir dans l’immobilier)
- Usufruit viager : dure toute la vie de l’usufruitier. Très courant dans une donation entre époux ou une donation partage
L’usufruit peut aussi être successif, c’est-à-dire attribué à plusieurs personnes dans un ordre défini (ex. : au conjoint survivant, puis aux enfants).
🚫 Ce que l’usufruit ne permet pas
Attention, l’usufruit n’est pas la pleine propriété.
Il ne donne pas le droit de vendre ou de détruire le bien : ce droit reste strictement réservé au nu-propriétaire.
➡️ Donc si vous êtes usufruitier, vous pouvez :
- Utiliser un bien
- Percevoir des revenus ou habiter une maison
- Mettre en location le bien (dans certains cas)
➡️ Mais vous ne pouvez pas :
- Le vendre sans l’accord du nu-propriétaire
- Le transformer profondément
- Le transmettre à quelqu’un d’autre (sauf cas d’usufruit successif prévu dans un acte de donation ou un testament)
💭 Exemple
Prenons le cas d’un parent qui réalise une donation par usufruit à ses enfants, avec un contrat notarié. Il conserve l’usufruit viager de sa résidence principale, et les enfants deviennent nus-propriétaires.
Le parent continue à y vivre, ou à percevoir les loyers s’il la loue. Mais il ne peut pas vendre la maison seul.
Résultat :
- L’enfant devient plein propriétaire au décès du parent, sans repayer de droits de succession.
- La valeur de l’usufruit est calculée selon un barème fiscal en fonction de l’âge.
- L’impôt sur la succession est optimisé.
Dans ce cas, l’usufruit et fiscalité vont de pair, et permettent une vraie répartition de la valeur entre les générations.
📌 En résumé :
| Droit et obligation | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|
| Droit d’usage (habiter, utiliser) | ✅ | ❌ |
| Droit de percevoir les fruits (revenus) | ✅ | ❌ |
| Droit de disposer (vendre, donner) | ❌ | ✅ |
| Paiement de la taxe foncière | ✅ | ❌ |
| Obligation d’entretenir le bien | ✅ | ❌ |

Qui sont les parties concernées ?
Dans tout usufruit, deux personnes (ou entités) se partagent les rôles : le nu-propriétaire et l’usufruitier. Ils forment ensemble ce que le Code civil appelle les « titulaires de droits démembrés ». C’est la clé du fonctionnement de l’usufruit, et vous allez voir, ce n’est pas si compliqué.
👤 L’usufruitier : celui qui a la jouissance
L’usufruitier est la personne (ou parfois une personne morale, comme une société) qui détient le droit d’usage et de jouissance d’un bien sans en être le propriétaire au sens strict.
Concrètement, cela signifie qu’il peut :
- Habiter le logement (s’il s’agit d’un bien immobilier),
- Louer le bien et percevoir les loyers,
- Récolter les fruits s’il s’agit de terres agricoles ou de parts sociales (dividendes par exemple),
- Profiter d’une rente d’usage sur la durée prévue par l’acte (viager ou temporaire).
💭 Exemple : Une mère peut conserver l’usufruit d’un appartement donné à son fils, continuer à y vivre ou le mettre en location, tout en évitant une succession en pleine propriété immédiate.
Mais attention : ce droit d’utiliser le bien s’accompagne d’obligations précises, prévues par les articles 582 à 624 du Code civil.
📜 Les obligations de l’usufruitier
L’usufruitier est tenu de :
- Entretenir le bien en bon état,
- Payer les charges courantes, comme l’eau, l’électricité, et parfois la taxe foncière (selon convention ou usage),
- Ne pas modifier la nature du bien (pas de gros travaux sans l’accord du nu-propriétaire),
- Effectuer un inventaire du mobilier ou une grosse réparation si c’est convenu au moment de l’ouverture de l’usufruit.
Il ne peut pas vendre le bien, le donner, ou y faire des travaux de structure sans accord. Et oui, même si l’usufruit définition lui donne de grandes prérogatives, il n’en reste pas propriétaire !
👥 Le nu-propriétaire : celui qui attend… mais détient le fond
Le nu-propriétaire est celui qui détient la « substance » du bien. Il en est le propriétaire, mais n’en a ni l’usage, ni les revenus, tant que l’usufruit est en cours.
En clair, il :
- N’a pas le droit d’occuper ou louer le logement pendant la période d’usufruit,
- Ne peut décider seul de vendre (sauf en accord avec l’usufruitier),
- Conserve le droit de disposer du bien sur le long terme.
Mais c’est lui qui, à la fin de l’usufruit (souvent au décès de l’usufruitier ou à l’échéance d’un usufruit temporaire), récupère automatiquement la pleine propriété, sans formalité ni impôt, sauf exception (cf. code général des impôtspour les cas spécifiques).
⚖️ Ses droits… et ses limites
Tant que l’usufruit est actif :
- Il ne touche aucun revenu du bien,
- Il ne peut pas en user,
- Il ne peut pas le modifier sans l’accord de l’usufruitier,
- Il n’est pas responsable de l’entretien courant (seulement des gros travaux, type toiture ou murs porteurs, sauf si une convention dit le contraire).
En bref, le nu-propriétaire possède le bien, mais il ne peut pas s’en servir tant que l’usufruit n’est pas révolu.

Usufruit vs nue-propriété : quelles différences ?
L’usufruit et la nue-propriété sont deux faces d’un même bien. Mais attention : ce partage du droit de propriétérepose sur une distinction juridique essentielle. Et comprendre cette différence, c’est éviter bien des erreurs dans une succession, une donation, ou un achat immobilier en démembrement.
🤓 Définition de la nue-propriété
Contrairement à l’usufruitier, qui a le droit d’usage et la jouissance d’un bien, le nu-propriétaire n’a qu’un seul droit : celui de disposer du bien, sans l’utiliser ni en percevoir les revenus.
Autrement dit, il ne peut pas occuper le logement, ni signer des baux (sauf en cas de vente conjointe ou d’accord express). Mais c’est lui qui, à la fin de l’usufruit — qu’il soit viager ou temporaire —, récupère automatiquement la pleine propriété.
À noter : la valeur de la nue-propriété dépend de la durée prévue de l’usufruit. Elle se calcule selon un barème fiscal officiel, souvent utilisé dans les actes notariés ou simulateurs patrimoniaux.
🔑 La différence clé ?
Le nu-propriétaire est propriétaire sur le papier, mais pas en pratique, tant que l’usufruit n’est pas révolu.
Pour bien visualiser cette répartition des rôles, voici un tableau simple :
| Éléments | Usufruitier | Nu-propriétaire |
|---|---|---|
| Usage (habiter, utiliser) | ✅ Oui | ❌ Non |
| Revenus (loyers, intérêts) | ✅ Oui | ❌ Non |
| Vente ou transmission | ❌ Non (sauf droit cédé) | ✅ Oui |
| Travaux d’entretien | ✅ À sa charge | ❌ (hors gros travaux) |
| Droits à la fin de l’usufruit | Perte de jouissance | Accession à la pleine propriété |
💭 Exemple : un achat immobilier démembré
Prenons un exemple réel, que vous avez peut-être déjà croisé dans votre entourage.
Imaginez Paul, 68 ans, père de deux enfants. Il souhaite organiser la transmission de son patrimoine, tout en gardant un logement à disposition. Il fait donc une donation par acte notarié : il transmet la nue-propriété d’un appartement à ses enfants, et conserve l’usufruit viager du bien.
Résultat :
- Il continue d’habiter le logement ou de le louer pour en percevoir les loyers.
- Ses enfants ne peuvent ni vendre, ni occuper, ni modifier l’appartement sans son accord.
- À son décès, la pleine propriété leur revient automatiquement, sans impôt sur la succession, grâce à la valeur fiscale déjà déclarée au moment de la donation.
Cette stratégie est non seulement légale (cf. art. 669 du Code général des impôts), mais elle présente de vrais avantages fiscaux, surtout lorsque la quotité disponible est bien utilisée. De nombreux notaires la recommandent pour optimiser la transmission sans conflit, à condition que chacun soit informé de ses droits et devoirs.

Comment fonctionne l’usufruit ?
Maintenant que vous savez ce qu’est l’usufruit, voyons comment il se met en place, combien de temps il dure, et surtout comment il s’applique au quotidien — sur un logement, un portefeuille d’actions ou même une entreprise.
🔁 Les différentes façons de créer un usufruit
Il n’y a pas une seule manière d’établir un usufruit. Trois, en réalité, sont prévues par le Code civil :
1. Par la loi – L’usufruit « automatique »
C’est ce qu’on appelle l’usufruit légal du conjoint survivant.
💭 Exemple : Au décès de votre père, votre mère a le choix entre recevoir 1/4 de la succession en pleine propriété, ou bien l’usufruit de la totalité des biens (article 757-1 du Code civil). Une mesure qui permet souvent de conserver l’habitation familiale, sans vente forcée.
2. Par donation ou testament
Un parent peut, de son vivant, transmettre la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit. C’est ce qu’on voit souvent dans une donation entre époux ou une donation-partage.
Ce type de démembrement du droit de propriété est un outil puissant : il protège, tout en anticipant la transmission, souvent avec de réels avantages fiscaux à la clé (grâce à un calcul selon le barème fiscal officiel).
3. Par contrat — L’usufruit “sur-mesure”
Vous pouvez aussi acheter un bien déjà démembré, dans un projet immobilier structuré. L’acheteur acquiert la nue-propriété, pendant que l’usufruit est confié temporairement à un bailleur social ou institutionnel (usufruit locatif social, bail réel solidaire, etc.).
Résultat : un prix d’achat réduit, et un revenu locatif garanti pour l’usufruitier. Cette formule est de plus en plus utilisée pour faciliter l’accession à la propriété avec un budget serré.
⏳ Combien de temps dure un usufruit ?
Tout dépend du type d’usufruit mis en place. Voici les 3 cas les plus fréquents :
Cas N°1 : Usufruit viager
C’est le plus courant. L’usufruit dure jusqu’au décès du bénéficiaire. On le voit souvent dans un cadre familial : un parent donne la nue-propriété de sa maison à ses enfants tout en y restant jusqu’à la fin de sa vie.
Cas N°2 : Usufruit temporaire
La durée est fixée dans l’acte : 5, 10, 15 ans… C’est idéal quand on veut aider un enfant, ou optimiser un patrimoine sans transmettre définitivement.
Cas N°3 : Cas particulier des personnes morales
Une société peut aussi détenir un usufruit, mais pas au-delà de 30 ans (article 619 du Code civil). Une mesure de sûreté juridique qui évite les abus dans la gestion d’actifs à long terme.
⚙️ Comment ça marche concrètement ?
Le fonctionnement de l’usufruit dépend surtout de ce à quoi il s’applique. Voyons trois cas typiques.
1. Usufruit immobilier
- L’usufruitier peut habiter le bien ou le louer et percevoir les loyers.
- Il doit entretenir le logement (peintures, chaudière, fenêtres…), et parfois payer la taxe foncière.
- Le nu-propriétaire reste responsable des gros travaux (murs, toiture), sauf si l’acte prévoit autre chose.
💭 Exemple : La mère garde l’usufruit d’un appartement à Paris, ses enfants en ont la nue-propriété. Elle peut le louer à une famille, à condition de le conserver en bon état.
2. Usufruit sur des valeurs mobilières (actions, obligations)
- L’usufruitier perçoit les dividendes et intérêts.
- Le nu-propriétaire conserve la valeur du portefeuille et les droits de vote, sauf clause contraire.
⚠️ Attention : en cas de vente d’actions, l’accord de l’autre partie est obligatoire. Le bien appartient aux deux.
3. Usufruit sur une société ou un fonds
- Utilisé pour organiser la gestion d’une entreprise familiale, tout en préservant la transmission.
- L’usufruitier peut tirer un revenu de l’exploitation, sans diriger l’entreprise.
- La valeur de l’usufruit est fixée au moment de l’acte, et peut être inscrite en comptabilité comme un actif.

Quels sont les droits et obligations de l’usufruitier ?
Vous voilà usufruitier ? Très bien. Mais avant de profiter de la jouissance d’un bien, prenez deux minutes : un droit d’usage s’accompagne toujours de responsabilités.
✅ Les droits de l’usufruitier
Vous disposez d’une large prérogative, encadrée par le Code civil :
- Habiter ou utiliser le logement appartenant au nu-propriétaire.
- Signer des baux et percevoir les loyers : pratique si vous devez financer vos projets ou régler un prix de ventedifféré.
- Toucher dividendes et intérêts d’un portefeuille titres ; la chambre commerciale de la Cour de cassation confirme ce droit (décision du 12 juin 2012). legifrance.gouv.fr
- Servir d’autres membres de la famille : héberger un parent, par exemple.
Info utile : ces droits cessent quand l’usufruit est révolu. Vous ne pouvez plus en disposer ensuite.
🚧 Les obligations de l’usufruitier
La liste suivante est courte mais impérative ; les articles 605 et 606 C. civ. sont sans appel. legifrance.gouv.frlegifrance.gouv.fr
- Entretenir le bien : peinture, chaudière, jardin… tout l’entretien courant est à votre charge.
- Payer charges locatives et impôts locaux, taxe d’habitation comprise quand elle existe encore.
- Conserver la substance : pas question de démolir la maison pour construire une piscine XXL ; la cour d’appel l’a déjà sanctionné.
À noter : les grosses réparations (toiture, murs porteurs) restent au nu-propriétaire, sauf si votre défaut d’entretien en est la raison.
Le Code vous dit aussi que vous êtes tenu de faire un inventaire mobilier à l’ouverture de l’usufruit ; une mesure de sûreté pour l’administration fiscale et la justice.
En cas de mésentente avec le nu-propriétaire
- Partage des charges
- On dresse un tableau, article par article : entretien pour l’usufruitier, gros œuvres pour le nu-pro.
- Médiation notariale
- Un notaire peut noter la situation, rappeler la loi et calculer les droits de chacun.
- Recours au juge
- Si la volonté d’accord fait défaut, direction le tribunal judiciaire. Le juge peut :
- Fixer une réparation,
- Autoriser des travaux,
- Voire acter une renonciation partielle à l’usufruit.
- Si la volonté d’accord fait défaut, direction le tribunal judiciaire. Le juge peut :

Usufruit dans le cadre d’une succession
Quand une succession s’ouvre, le fonctionnement de l’usufruit devient bien plus qu’une notion juridique : il détermine la répartition concrète des droits entre le conjoint survivant et les enfants. Et oui, dans ces moments délicats, il est essentiel de comprendre qui dispose de quoi… et dans quelles limites.
👩❤️👨 Le droit du conjoint survivant
C’est souvent la première question que l’on se pose après un décès : “Et maintenant, que devient la maison ?”
Selon l’article 757-1 du Code civil, le conjoint survivant (hors divorce) peut choisir entre :
- L’usufruit de la totalité des biens du défunt,
- Ou la pleine propriété du quart.
Ce choix est libre. Mais attention : il doit être exercé clairement, dans un délai de 3 mois à compter de l’inventaire.
À noter : cette décision n’est pas anodine. En cas d’enfants nés d’une autre union, ce choix peut créer des tensions. En pratique, l’usufruit sur la résidence principale est souvent préféré, pour préserver l’habitation familiale, surtout si le conjoint est âgé.
💭 Exemple :
À la mort de Jacques, père de deux enfants d’un premier mariage, son épouse actuelle peut :
- soit recevoir 1/4 en pleine propriété (avec les enfants qui héritent du reste),
- soit opérer un démembrement, et continuer à vivre dans la maison en usufruit, pendant que les enfants en deviennent nus-propriétaires.
Ce mécanisme est encadré par le droit français et reste une solution protectrice, surtout lorsque le patrimoine est peu liquide.
✍️ Donation entre époux avec réserve d’usufruit
Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’on peut anticiper tout cela en amont, via une donation entre époux. Ce type de clause est un outil technique mais redoutablement utile, notamment pour éviter les conflits au moment de la répartition.
Concrètement :
- Le conjoint donne la nue-propriété de certains biens à l’autre,
- Mais se réserve l’usufruit, souvent viager.
Avantages :
- L’autre conserve l’usage du bien jusqu’à son décès.
- Il peut le louer, percevoir les fruits, sans pour autant devenir propriétaire au sens strict.
Fiscalement, l’évaluation se fait selon un barème prévu par l’article 669 du Code général des impôts, en fonction de l’âge de l’usufruitier. Cette règle est connue de tous les notaires et permet de calculer les droits lors du passage chez le fisc.
À ne pas oublier : La donation entre époux peut être faite par contrat de mariage, ou par acte notarié à tout moment. Elle prévient les litiges, car les volontés sont clairement exprimées avant le décès.
👨👩👧 Transmission aux enfants
Quand un parent décède, les enfants sont héritiers réservataires. Mais si un usufruit est en place (par la loi ou par testament), ils deviennent nus-propriétaires d’une partie du patrimoine.
Quels sont les effets pratiques ?
- Le parent survivant conserve la jouissance des biens (habitation, loyers, dividendes),
- Les enfants, eux, attendent que l’usufruit soit révolu pour disposer pleinement des biens.
Ce type de répartition usufruit/nue-propriété est fréquent dans les donations partage. Il permet :
- de transmettre aujourd’hui sans se déposséder,
- de protéger le conjoint tout en respectant les droits des enfants.
💭 Exemple : Marie, veuve, a 72 ans. Elle décide de transmettre à ses deux enfants la nue-propriété de sa maison, tout en gardant l’usufruit viager.
- Elle continue à vivre dans la maison ou à en percevoir les loyers.
- À son décès, la pleine propriété revient automatiquement aux enfants, sans nouveaux droits de succession à payer.
Conseil pratique : avant d’en arriver là, consultez le site Service-Public ou un simulateur notarial. Vous y trouverez l’information suivante : le nombre de litiges diminue quand un usufruit par acte définit clairement les charges.

Comment établir un usufruit ?
Vous avez décidé de passer à l’action ? Bonne nouvelle : plusieurs chemins s’offrent à vous. Chacun répond à une situation précise et à un budget différent. Regardons ça de près.
🧑⚖️ Par acte notarié : la voie « sur-mesure »
Le notaire est l’artisan qui transforme votre volonté en droit opposable à tous. Un acte authentique assure la conservation des droits et évite les surprises devant la justice.
- Donation avec réserve d’usufruit
- Vous donnez la nue-propriété à vos enfants et gardez la jouissance d’un bien.
- Utile pour continuer à encaisser les loyers et réduire le prix des droits de donation grâce au barème fiscal.
- Les obligations d’entretenir restent pour l’usufruitier ; c’est écrit noir sur blanc dans l’acte.
- Vente en démembrement
- L’investisseur paie uniquement la nue-propriété : le prix d’achat chute de 30 à 50 % selon la durée.
- L’usufruitier (souvent un bailleur social) gère les baux, perçoit les loyers, assume l’entretien courant.
- À terme, l’usufruit est révolu : le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans supplément.
À retenir : l’acte notarié fixe le nombre d’années, la répartition des charges et la clause de renonciation éventuelle. Relisez bien chaque article avant de signer.
🖋️ Par testament : prévoir l’après
Vous préférez tout régler pour l’usufruit de la succession ? Le testament est votre allié, surtout en famille recomposée.
- Legs d’usufruit
- Exemple : « Je lègue l’usufruit de mon appartement à ma compagne, la nue-propriété à mes deux enfants ».
- La clause précise qui supporte quoi : droit d’usage pour l’usufruitier, gros travaux pour les enfants.
- Précautions anti-conflit
- Mentionnez l’article du Code civil applicable (art. 600 et suivants) et décrivez les charges compris taxe foncière.
- Faites consulter le projet par le notaire : il vérifiera que vous respectez la part réservataire et la quotité disponible.
- Joignez une note explicative : elle clarifie votre intention et désamorce les malentendus.
Bon réflexe : déposez le testament au fichier central. Ainsi, il sera retrouvé d’office lors de la succession.
⚖️ Par la loi : l’usufruit automatique du conjoint survivant
Pas d’acte ? Pas de testament ? Le fonctionnement de l’usufruit repose alors sur la règle légale (art. 757-1 C. civ.).
- Le conjoint peut opter pour l’usufruit de la totalité de la succession.
- Les enfants deviennent aussitôt nus-propriétaires ; ils attendent que l’usufruit soit révolu pour disposer.
- En échange, le conjoint assume l’obligation d’entretenir le patrimoine et perçoit les fruits.
Bon à savoir : cette option est automatique, mais elle n’est pas toujours la meilleure. Un rendez-vous chez le notaire permet d’évaluer les droits, le budget futur et même de renoncer si la charge est trop lourde.
Pour un projet patrimonial qui se transmet bien, tout commence avec un usufruit bien pensé
Créer un usufruit, c’est déjà poser un cadre structurant.
Mais attention : ce n’est pas la ligne d’arrivée, c’est le début d’un partage subtil entre usage, propriété… et responsabilités.
Car entre la bonne volonté de transmettre ou de protéger un proche, et la réalité juridique et fiscale du démembrement, tout se joue dans la précision des actes, la clarté des droits de chacun, et l’anticipation des conflits.
Et on le voit tous les jours : un usufruit mal rédigé, une nue-propriété floue, ou un oubli sur la répartition des charges… et c’est la succession qui se grippe, les héritiers qui se tendent, ou l’administration fiscale qui redresse.
👉 C’est justement là qu’un bon accompagnement change tout.
Ce qu’un courtier en prêt immobilier peut réellement vous apporter 🚀 :
- Une analyse claire de la structure de financement en cas de démembrement : prêt à un nu-propriétaire, financement en usufruit locatif, acquisition croisée… le courtier identifie les options acceptables pour les banques.
- La présentation d’un dossier solide et lisible pour les établissements prêteurs : démembrement, usufruit temporaire, SCI familiale… autant de montages qui nécessitent une mise en forme adaptée pour obtenir un accord de financement.
- Un accompagnement dans la coordination avec les notaires : en vérifiant que les clauses du prêt sont compatibles avec la répartition usufruit/nue-propriété, et que les garanties bancaires (hypothèques, nantissements) sont correctement positionnées.
- Une optimisation des conditions de crédit : taux, durée, assurance… même en présence d’un montage atypique comme une acquisition en démembrement, le courtier défend vos intérêts.
- Un suivi rigoureux jusqu’au déblocage des fonds : gestion du calendrier notarial, échanges avec le service de crédit de la banque, anticipation des points bloquants techniques ou administratifs.
Un démembrement, c’est une intention. Un usufruit efficace, c’est une mise en œuvre cadrée, lisible et durable. Et pour ça, chaque ligne compte. Vous n’avez pas à les écrire seul.
